Chuc Hoang, l’étonnant parcours d’un Français d’origine vietnamienne, discret mais flamboyant

Chuc Hoang, soixante neuf ans, cultive le paradoxe. Discret, inconnu du grand public, c’est pourtant une des grandes fortunes françaises (il n’en dévoile pas le montant). Peu habitué aux médias, il adopte volontiers un profil bas. Prudence de joueur de poker ? Car c’est aussi un des grands champions français, qui a été classé parmi les premiers du championnat du monde de poker Whole Series de Las Vegas en 2003. Même son nom, Chuc Hoang, brouille les cartes. « Le Vietnamien », « le Chinois »… En rapportant ses démêlés avec la Société de la Tour Eiffel, les médias n’ont pas fait dans la dentelle. Difficile à encaisser pour ce polytechnicien, officier de la légion d’honneur.

« Je n’ai jamais imaginé être autre chose que Français, j’aime la France comme seul peut l’aimer un enfant adopté », commente t-il. L’adoption a eu lieu en 1975. Il prend la nationalité française quand le Vietnam devient communiste. Mais la France, il y est arrivé bien avant, en 1961, à dix-sept ans, pour entrer en prépa au lycée Saint-Louis (Paris). Il réussit Polytechnique. A l’époque, le Vietnam est devenu indépendant et Chuc Hoang est l’un des neuf enfants d’une illustre famille du nord. Elle finira ruinée.

Etudiant, il se lie, via l’équitation, avec François Lévy (fils de l’ancien dirigeant des Nouvelles Galeries, Pierre Levy), qui devient son associé en affaires lorsque Chuc Hoang quitte l’emploi de ses débuts à la Caisse des Dépôts et Consignations. « A l’époque, nous reprenions des affaires pour un franc symbolique : un réseau de charcuteries, notamment, explique t-il. Je suis avant tout un spécialiste du redressement d’entreprises, pas de l’immobilier », qui est un placement patrimonial.

Aujourd’hui, il est à la tête d’une quarantaine de sociétés. Il a notamment 19 % de Big Ben Interactive, leader européen de la distribution d’accessoires pour consoles de jeux vidéo. a opéré dans la gestion d’actifs décotés, et dans l’immobilier avec sa foncière Eurobail, « acquise en 1996 et qui a investi 500 millions en commerces et bureaux », souligne t-il. Pour 20 millions d’euros de dettes.

« Toutes mes affaires sont sur du long terme, j’y suis pour y rester », conclut-il. Celles qui ne sont pas en France sont des coups de coeur. Un hôtel Relais et Châteaux près d’Angkor, des terres en République Dominicaine… Quid d’un exode fiscal ? Le problème fiscal, difficile de le nier.. . « Les Etats-Unis taxent la poule une fois qu’elle a pondu, la France taxe la poule pour avoir le droit de pondre un oeuf », ironise t-il. Pour autant, quitter la France, c’est « jamais, assure t-il. Pour vivre dans un pays, il faut en connaître les codes. Par ailleurs, les excès ne durent pas. La fiscalité s’allégera sous la pression des pays mitoyens. Ce qui m’inquiète aujourd’hui c’est l’euro. Il pourrait se disloquer d’ici à deux ans ».

Source: Myriam Chauvot

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