Des sacs de luxe fabriqués au Vietnam

Le marché asiatique est devenu le nouveau moteur économique mondial pour certaines entreprises belges comme la maroquinerie Delvaux. L’entreprise familiale a transféré il y près de 4 ans une partie de sa production au Vietnam. La main-d’œuvre, principalement féminine et vietnamienne, bénéficie de conditions de travail calquées sur celles de la Belgique. Les avantages salariaux ne sont pas identiques, mais ils sont satisfaisants au regard des autres entreprises du pays, selon le célèbre maroquinier belge.

Les sacs Delvaux dans le boum du marché asiatique

Les Vietnamiennes qui travaillent pour Delvaux semblent bénéficier des meilleures conditions possibles : climatisation des ateliers, salaires décents et 8 heures de travail 5 jours par semaine (contre 6 ou 7 jours dans d’autres entreprises). « Nous tenions à proposer des conditions de travail comparables à celles offertes en Belgique», nous a confié François Schwennike, directeur de Delvaux.


« Le personnel travaille également dans des conditions d’espace favorable, à 5 par table, et de confort avec la climatisation. Les ouvriers sont capables de fabriquer les sacs de a à z et évitent donc la lassitude. » Le travail minutieux s’opère en différentes étapes que les ouvrières réalisent avec une grande minutie. Ces petites mains vietnamiennes s’occupent de la fabrication de certaines collections. Tandis que les sacs haut de gamme sont toujours fabriqués à Bruxelles.


A Ho Chi Minh, c’est grâce au savoir-faire de 3 à 4 spécialistes belges que le personnel vietnamien est encadré et formé. Ces ouvriers belges viennent dans le pays durant une période déterminée qui s’étend de quelques mois à plusieurs années.





Des sacs fabriqués en Asie pour être vendus en Europe

Si Delvaux refuse de parler de délocalisation, produire au Vietnam reste néanmoins une opération très intéressante pour l’entreprise. « Nous sommes installés dans une zone franche, ce qui veut dire que toutes les matières premières qui entrent ici sont hors taxe, mais elles doivent être exportées », a souligné l’administrateur délégué. « Nous n’avons pas délocalisé, mais développé nos ateliers de Bruxelles et de Lyon grâce aux nouveaux produits que nous pouvons fabriquer au Vietnam à des tarifs plus compétitifs. Il faut savoir qu’il faut 10 heures pour faire un sac en Belgique à 50 ou 60 euros de l’heure ce qui fait monter le prix du sac à 4 ou 5000 euros, alors qu’ici on met plus ou moins 12 heures, mais à 9 euros de l’heure. »

Du luxe fabriqué en Belgique pour être vendu en Asie

Si les sacs fabriqués au Vietnam sont vendus en Belgique, le paradoxe est bien que ceux fabriqués en Belgique sont vendus en Chine, là où se trouve aujourd’hui le pouvoir d’achat pour les produits de luxe.

Auteur : Laurence Bruyère

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