Hanoï-Pékin, l’impossible dialogue ?

Après les émeutes anti-chinoises de fin mai, la Chine et le Vietnam tentent de renouer le dialogue


Les couteaux sont rentrés. Pour la première rencontre depuis les émeutes de fin mai , la Chine et le Vietnam essaient de renouer un dialogue que l’installation d’une plate-forme pétrolière dans les eaux revendiquées par le Vietnam a subitement interrompu. Cette intrusion a fait six morts du côté vietnamien et déclenché les pires manifestations anti-chinoises depuis longtemps.

Officiellement, la Chine appelle à présent au calme. « L’expansion territoriale n’est pas dans l’ADN chinois » a déclaré Li Keqiang, le premier ministre depuis Londres. Signe que le pouvoir chinois prend cette situation au sérieux, il a dépêché Yang Jiechi à ce sommet avec le Vietnam. En tant que conseiller d’état, il est le plus haut responsable de la politique étrangère chinoise.


Sur le terrain, en revanche, l’affaire est loin d’être réglée. Déjà parce qu’autour de la plate-forme croisaient, il y a quelques jours pas moins de 136 navires chinois parmi lesquels 5 bâtiments de guerre, selon le site internet VnExpress.

Ensuite et surtout parce que Pékin n’entend pas céder un pouce de ce qu’il considère depuis 1974 comme son territoire. Les îles Paracels, dont une première partie avait été annexée en 1958 abritent aujourd’hui des installations chinoises, militaires surtout.

Bien que déterminé, « Pékin redoute une internationalisation de ce conflit» note Jean Brisset, chercheur à l’IRIS. «La Chine ne veut pas que les pays d’Asie du sud-est fassent front commun contre elle» estime pour sa part Sébastien Colin, professeur à Langues’O, spécialiste des frontières de la Chine.


Comme les Philippines l’ont fait fin mars , le Vietnam s’apprête à déposer un dossier devant le tribunal arbitral de La Haye de l’ONU pour faire reconnaître ses frontières maritimes. La Malaisie et l’Indonésie commencent à s’émouvoir de la conduite de Pékin dans la zone. Seul le sultanat de Brunei reste pour l’instant muet.


A ce stade, la marge de manoeuvre de la Chine est faible. Sans doute va-t-elle tenter de dissuader Hanoï d’aller à La Haye. A l’évidence, le bras de fer est appelé à durer.

Source
Les Echos

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