Le Vietnam célèbre les 60 ans de la victoire de Diên Biên Phu

Tous les Vietnamiens commémorent le 60e anniversaire de la victoire vietnamienne sur les colonisateurs français à Diên Biên Phu, le 7 mai 1954, symbole d’unité nationale.

Le début de l’indépendance du Vietnam

Il y a 60 ans jour pour jour, les troupes du Viêt Minh l’emportaient sur le camp retranché français à Diên Biên Phu, huit ans après le début de la guerre d’Indochine. Dans l’Histoire du Vietnam, le 7 mai 1954 est un symbole d’unité nationale, de paix et de réconciliation. Cette date marque la fin de la présence française en Indochine et l’émergence du Vietnam en tant que nation indépendante.

440 000 visiteurs

Tout le Vietnam, en particulier le nord du pays, est à la fête. Colloques, expositions sur le général Giap, grand héros de la guerre d’indépendance, spectacles sont organisés, mais aussi une course cycliste de six jours ou encore la diffusion du film Vivre avec l’histoire tourné par « l’artiste du peuple » Nguyen Thanh Van sur la bataille vue par un groupe de jeunes contemporains.

440 000 visiteurs, dont 70 000 étrangers sont attendus dans la province de Diên Biên Phu.


“Dien Bien Phu a été une étape marquante, éclatante, dans l’Histoire de la nation vietnamienne”, a déclaré le président Truong Tan Sang lors d’une cérémonie colorée, avec fanfares, chars militaires fleuris et régiments de soldats défilant dans un stade au pas de l’oie.

“C’est une victoire qui a aidé à mettre fin au colonialisme et a amené le Vietnam à son indépendance”, a de son côté déclaré le ministre de la Défense Phung Quang Thanh après avoir visité le plus grand cimetière de combattants vietnamiens tombés lors de la bataille.

Mais les accords de Genève le 21 juillet 1954, qui marquent la fin de la guerre d’Indochine, entérinent aussi la division du Vietnam entre le Nord communiste et le Sud pro-américain.

Le pays ne sera finalement réunifié qu’après la chute de Saïgon le 30 avril 1975 qui consacre la victoire du Nord, malgré l’engagement militaire américain dans cette guerre du Vietnam qui tue jusqu’à 3 millions de civils vietnamiens et quelque 58.000 soldats américains.

Sans Dien Bien Phu, la réunification n’aurait pas eu lieu, a insisté Vu Nam Hai, directeur du musée consacré à la bataille. “Dien Bien Phu était une victoire vraiment spéciale”.

Une victoire possible notamment grâce au génie militaire du général Vo Nguyen Giap, décédé l’an dernier à l’âge de 102 ans.

– Tranchées, obus et corps à corps –

En ce printemps 1954, au rythme d’un déluge d’obus et de combats au corps à corps, les soldats des deux camps tombent et leurs dépouilles pourrissent sur les collines.

“C’était très dur, très difficile. Nous devions trouver où l’ennemi était pour prendre chaque position (…) Quand les Français parachutaient du ravitaillement, nous devions le trouver en premier”, a raconté à l’AFP Hoang Trong Binh, 83 ans, qui faisait alors partie d’une équipe de reconnaissance.

“Tous les jours, je devais grimper en haut de la colline pour analyser la situation”, a encore raconté l’ancien combattant en grand uniforme, très “ému”, lors de cette cérémonie à laquelle assistait notamment l’ambassadeur de France à Hanoï.

La bataille fera quelque 10.000 morts côté vietnamien, et 3.000 morts ou disparus parmi les soldats de diverses nationalités se battant sous le drapeau français.

Mais le 7 mai, le commandement français et 10.000 soldats sont faits prisonniers. Quelque 70% d’entre eux périront dans les mois qui suivent.

L’un des sites clé de la bataille, Eliane (plusieurs positions stratégiques avaient des noms de femmes), grouillait mardi, à la veille des cérémonies anniversaire, de touristes grimpant sur des chars français en train de rouiller ou explorant les tranchées.

“En seulement un mois, nous avions creusé quelque 400 kilomètres de tranchées autour de Dien Bien Phu, cela a été une clé de notre victoire”, a expliqué l’ancien combattant Ngyuen The Tran, 81 ans, venu rendre hommage à ses camarades tombés au combat.

“J’espère qu’ils reposeront en paix à jamais. Ils sont morts mais je suis toujours là pour me souvenir d’eux”, a-t-il ajouté, se disant “heureux” que ce champ de bataille soit aujourd’hui une jolie petite ville.

Nguyen Thi Tang, 81 ans, qui était messagère pour l’armée du Viet-minh, a elle rencontré son mari dans les tranchées.

“Je ne pouvais pas croire que le Vietnam puisse infliger une défaite aux troupes françaises. C’était une victoire incroyable”, a-t-elle indiqué.

“Mais mon coeur est triste également parce qu’après Dien Bien Phu, les Américains sont arrivés, causant beaucoup de pertes et de douleur”.

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