«L’éphémère et l’insubmersible» Vietnam

Depuis son lancement en 2014, la collection «l’Ame des peuples» décline 23 volumes au format poche et poids plume, sous des couvertures graphiques et acidulées. Chacun d’eux, dédié à une destination, pays ou ville, est estampillé d’un sous-titre poétique ou évocateur: «La passion de l’identité» pour l’Espagne, «Le défi des frontières» pour la Croatie, «La mémoire libérée» en Allemagne, «L’audace du printemps» en Tunisie ou encore «L’éphémère et l’insubmersible» pour celui consacré au Vietnam, à paraître à l’occasion de l’anniversaire des 40 ans de la chute de Saïgon, en avril.

Si le voyage est au cœur de ces ouvrages, ils se différencient pourtant des guides pratiques par leurs approches, plus littéraires et analytiques. Car comme l’indique le communiqué de présentation, il s’agit là de «comprendre les ressorts profonds d’un pays et d’un peuple sans se perdre dans des références culturelles ou historiques compliquées».

Rencontre avec Paul-Erik Mondron, éditeur et fondateur des éditions Nevicata

Quelle est l’origine de la collection?


La Grèce a été le lanceur d’idée. Ou plus précisément, la crise financière en Grèce. On en parlait à tout bout de champs dans les médias, sans jamais parler des Grecs, on ne savait rien de leurs centres d’intérêt… C’est pour combler ce manque que nous avons publié le premier titre de «l’Ame des peuples».

Comment se définit-elle ?


Le but, c’est d’apporter aux lecteurs des réponses aux questions qu’ils se posent à propos d’un pays et son peuple, soit en préparation d’un séjour dans le pays en question, afin d’y voyager plus intelligemment, soit tout simplement pour apporter de clés de compréhension et faciliter la lecture de l’actualité. Pour cela, chaque ouvrage se divise en deux parties: d’abord un récit de voyage sous forme d’enquête journalistique, suivi de trois entretiens : un historien, pour la remise en contexte, un sociologue, pour l’analyse, et un acteur culturel [écrivain, peintre, chanteur, directeur de musée, d’opéra, ndlr].

Comment s’opère le choix des titres?


Au départ, l’idée était de ne traiter que les pays de l’Union européenne, ceux-là même qui traversent une crise financière et d’identité. Peu à peu, nous élargissons à des Etats hors Europe, soit parce qu’ils suscitent un intérêt particulier du public –comme la Russie, qui fascine– soit parce qu’ils sont au cœur de l’actualité –par exemple le Brésil, pays organisateur de la Coupe du monde de football en 2014 ou le Rwanda, qui célèbre cette année-là les 20 ans de son génocide. A noter d’ailleurs que ce dernier est celui qui s’est le mieux vendu l’an passé.

Nous avons également publié quelques titres consacrés à des villes, à partir du constat que la façon de voyager a considérablement évolué: on visite une ville plus qu’un pays. Ajoutez à cela qu’on parle désormais de «villes-monde». Ainsi, avons-nous choisi de publier Bruxelles, car elle le siège de nos éditions, et Milan, puisque c’est là que se déroulera l’Exposition universelle 2015. L’an prochain, sont à paraître Los Angeles, Sidney, Kinchasa, Calcuta, Shanghai… Une perspective très excitante !

Et celui des auteurs ?


Le profil type de l’auteur c’est celui d’un ou d’une journaliste qui a été correspondant dans le pays en question et donc, qui en connaît bien la langue, dont il possède une solide connaissance et avec lequel il partage une réelle intimité. On souhaite qu’il soit francophone de façon à ce qu’il y ait une affinité d’écriture avec le public, lui aussi francophone. Le correspondant comprend mieux les attentes du public français qu’un local. Sans oublier que c’est plus simple si l’auteur peut s’exprimer dans les médias ou assister à un certain nombre de manifestations.

Quel positionnement sur le marché ?


On se différencie du guide de tourisme et du Que sais-je? On est clairement dans le domaine de la littérature de voyage. Nos livres peuvent se lire le temps d’un vol ou d’un voyage en train, et viennent compléter l’information pratique fournie par un guide. Comme dans tous les domaines de l’édition, nous ne sommes pas les seuls. La concurrence est rude alors charge à nous de proposer les meilleurs prix, les plus belles couvertures, et surtout… les meilleurs textes!

Source
Aurélie STREIFF / Libération

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