Qu’est-elle devenue la petite fille de Saïgon ?

Vous vous rappelez de cette fameuse photo où on voit une petite fille vietnamienne grièvement brûlée au napalm qui court toute nue et dont le cri sur la route est devenu emblématique des folies de la guerre du Vietnam. Découvrez le témoignage de la petite fille de Saïgon, devenue le symbole des horreurs de la guerre du Vietnam.

Kim Phuc Phan Thi

La petite fille de Saïgon


Elle nous dérange, elle nous bouleverse. Elle est pour beaucoup le symbole des horreurs de la guerre du Vietnam. Devenue une ambassadrice de la paix, la « fille de la photo », toujours vivante, témoigne aujourd’hui.

Le 8 juin 1972, un pilote de l’armée sud-vietnamienne, prenant par erreur un groupe de civils pour des troupes ennemies, bombarde le village de Trang Bang, au Sud-Vietnam. Les bombes contenaient du napalm, un combustible hautement inflammable, qui tue ou brûle gravement celles et ceux qui se trouvaient là. Cette photo emblématique en noir et blanc, qui saisit des enfants fuyant un village transformé en brasier, a remporté le prix Pulitzer et été sélectionnée comme « photo de l’année » lors du concours World Press Photo of the Year en 1972. Elle est devenue le symbole des horreurs de la guerre du Vietnam, de la cruauté de toutes les guerres sur les enfants et les victimes civiles.

Au centre de cette photo, une petite fille qui court toute nue, en pleurs, ses vêtements ayant pris feu. Elle s’appelle Kim Phuc Phan Thi. À ce moment-là, elle participait avec sa famille à une cérémonie religieuse dans une pagode.

Elle est récemment intervenue, à l’occasion du 40e anniversaire du bombardement, et a raconté qu’après cet événement elle s’est effondrée sur le sol, secourue par le photographe Nick Ut, qui l’a amenée à l’hôpital. Hospitalisée pendant 14 mois, elle a subi au total 17 interventions chirurgicales, des greffes de peau. « Je voulais mourir ce jour-là, avec ma famille, se souvient-elle, il était difficile pour moi de porter toute cette haine, cette colère.

«J’ai longtemps voulu fuir cette petite fille plongée dans le chaos de la guerre du Vietnam. Mais la photo m’a toujours rattrapée. De partout des gens surgissaient en disant: «C’est bien vous? Quelle horreur!» Et j’avais l’impression d’être doublement victime. Et puis j’ai décidé que ce qui m’apparaissait comme une malédiction avait aussi été ma chance. Et qu’il me revenait de choisir le sens à donner à cette photo. Je deviendrai une ambassadrice de la paix. Je parlerai d’amour et incarnerai le pardon. Je montrerai la vie! Elle ne m’a guère épargnée, mais c’est elle qui triomphe. La tragédie n’a jamais anéanti l’espoir. Des anges gardiens sont sans cesse apparus sur mon chemin. Et c’est bien cela le miracle!»

Une fondation internationale


Malgré les profondes cicatrices sur son corps, elle poursuit des études de médecine et, durant la deuxième année d’université à Saïgon, découvre le Nouveau Testament dans la bibliothèque de l’université. Elle commence à le lire, s’engage à suivre Jésus-Christ et réalise que Dieu avait un plan pour sa vie. Avec son mari, également vietnamien, elle fonde en 1997 la première Fondation internationale Kim aux États-Unis, dans le but de fournir une assistance médicale et psychologique aux enfants victimes de la guerre. Peu à peu, le projet se répand et d’autres centres sont créés.

Kim Phuc Phan Thi 2

La conversion et la force de pardonner


C’est surtout sa conversion chrétienne qui lui a donné la force de pardonner. Aujourd’hui Kim Phuc a 50 ans et vit près de Toronto (Canada), avec son mari et ses deux fils, Thomas et Stephen. Elle a consacré sa vie à la promotion de la paix, fournissant un soutien médical et psychologique aux victimes de la guerre dans différents pays : Ouganda, Timor oriental, Roumanie, Tadjikistan, Kenya, Ghana et Afghanistan. « ​Le pardon m’a libéré de la haine, écrit-elle dans sa biographie, The Girl in the Picture (La fille de la photo). J’ai encore beaucoup de cicatrices sur mon corps et des douleurs intenses quasiment tous les jours, mais mon cœur est purifié. Le napalm est très puissant, mais la foi, le pardon et l’amour sont beaucoup plus forts. Nous n’aurions plus jamais la guerre si tout le monde apprenait à vivre avec le véritable amour, l’espoir et le pardon. Si la “fille de la photo” a pu le faire, demandez-vous : “Ne puis-je le faire, moi aussi ?”. »

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